Raspberry Pi ou mini-PC : quoi héberger vraiment chez soi en 2026
Serveur Minecraft entre amis, Pi-hole, Jellyfin : le Raspberry Pi a-t-il encore l'avantage face aux mini-PC en 2026 ? Le vrai comparatif avant d'acheter.
Un pote qui veut relancer un serveur Minecraft avec la bande, un abonnement cloud qui coûte plus cher chaque mois pour héberger deux ou trois services, l'envie de ne plus dépendre d'un tiers pour ses photos ou ses mots de passe : les raisons de vouloir un petit serveur à la maison ne manquent pas. Et la réponse qui revient presque toujours dans les forums, c'est le Raspberry Pi.
Sauf que la réalité 2026 est un peu plus nuancée que "prends un Pi et c'est réglé". Entre le prix qui a grimpé, les mini-PC devenus étonnamment compétitifs, et certains projets qui poussent une petite carte SBC dans ses derniers retranchements, mieux vaut savoir où on met les pieds avant d'acheter.
Pourquoi héberger chez soi plutôt que payer un service tout fait
L'argument principal n'est pas vraiment l'économie, du moins pas à court terme. C'est le contrôle : vos fichiers, votre configuration, aucune dépendance à un service qui peut fermer, changer ses tarifs ou se faire pirater ailleurs. Pour un serveur Minecraft entre amis, ça évite aussi les offres d'hébergement qui facturent au mois alors que la partie tourne trois soirs par semaine pendant six mois avant de retomber en sommeil.
L'autre argument, plus concret, c'est la consommation. Un Raspberry Pi 5 tourne généralement entre 5 et 12 watts en usage serveur classique, ce qui revient à quelques euros par an en électricité pour un fonctionnement 24h/24. Un vieux PC de bureau recyclé en serveur coûte largement plus cher à faire tourner en continu.
Raspberry Pi ou mini-PC : le vrai choix
Le Raspberry Pi 5 se vend désormais autour de 80 dollars pour la version 4 Go et 125 dollars pour la version 8 Go, la carte seule. Sauf qu'un Pi nu ne sert à rien : il faut ajouter une alimentation officielle, un boîtier avec ventilation, et surtout du stockage. La carte microSD fonctionne pour débuter mais s'use vite sous l'écriture constante d'un serveur, mieux vaut passer par un SSD NVMe via un HAT PCIe dédié.
Une fois tous ces éléments additionnés, le budget d'un Pi 5 correctement équipé tourne autour de 130 à 150 dollars, soit à peu près le prix d'un mini-PC d'entrée de gamme à base de puce Intel N100. Et là, le calcul change : le mini-PC offre plus de RAM, un port réseau souvent plus rapide, et une architecture x86 qui évite les mauvaises surprises de compatibilité logicielle que l'on croise encore sur ARM. Le Pi garde l'avantage sur l'encombrement et le silence total, rien de plus.
Le cas concret : un serveur Minecraft à la maison
Sur le papier, ça tient très bien la route, à condition de viser la bonne configuration. Un Pi 5 en 4 Go peut faire tourner un petit monde vanilla pour deux ou trois joueurs, mais dès qu'on ajoute des mods, des plugins ou plus de monde connecté, le modèle 8 Go devient quasiment obligatoire.
Les serveurs les mieux documentés utilisent une distribution comme Fabric ou Paper plutôt que le serveur vanilla officiel, associée à des mods d'optimisation qui allègent sérieusement la charge processeur. Autre point à anticiper : ouvrir un serveur Minecraft à l'extérieur de votre réseau local expose votre connexion, il faut donc penser à sécuriser le port forwarding, voire passer par un service de protection contre les attaques par déni de service si des inconnus doivent pouvoir rejoindre la partie.
D'autres projets qui tournent bien sur ce genre de matériel
Le serveur de jeu n'est qu'une entrée parmi d'autres. Une fois la machine en place, la tentation d'empiler les services est réelle, et plusieurs tournent très bien sur une configuration modeste.
Pi-hole, pour filtrer les publicités et le pistage au niveau du réseau entier : c'est le projet le plus léger de la liste, il tourne sans effort sur n'importe quel Pi, même le plus ancien.
Jellyfin, pour centraliser films et séries sans dépendre d'un service de streaming : attention toutefois, le transcodage vidéo en direct sollicite fortement le processeur, un Pi seul montre vite ses limites au-delà de deux flux simultanés.
Vaultwarden, une alternative légère à Bitwarden pour héberger son propre gestionnaire de mots de passe : très peu gourmand, parfait pour un premier projet avant de se lancer dans plus lourd.
Syncthing, pour synchroniser des fichiers entre plusieurs appareils sans passer par un cloud tiers : idéal en complément d'un NAS ou en attendant d'en monter un.
Les pièges qu'on découvre après coup
Le premier, c'est la maintenance. Un serveur qui tourne chez vous, c'est vous qui gérez les mises à jour de sécurité, les sauvegardes, et le redémarrage quand ça plante un dimanche soir. Aucun service client à appeler.
Le deuxième, plus sournois, concerne la carte microSD sur les installations qui n'ont pas basculé sur un SSD : les écritures répétées d'un serveur actif finissent par la corrompre, souvent après plusieurs mois d'usage sans signe avant-coureur. C'est la cause numéro un des pannes silencieuses sur ce genre de setup.
Le troisième, c'est la sécurité réseau. Exposer un service à internet sans réfléchir au pare-feu ni aux mises à jour, c'est ouvrir une porte que personne ne surveille. Un VPN pour accéder à ses services à distance reste largement plus sûr que d'ouvrir des ports directement.
Pi 5 vs mini-PC N100 : le comparatif
| Critère | Raspberry Pi 5 (8 Go) | Mini-PC N100 |
|---|---|---|
| Prix tout équipé | Environ 130-150 $ | Environ 150-200 $ |
| Consommation | 5 à 12 W | 6 à 15 W |
| Architecture | ARM, compatibilité logicielle parfois limitée | x86, compatible avec quasiment tout |
| Stockage natif | MicroSD ou NVMe via HAT séparé | SSD NVMe intégré en général |
| Idéal pour | Pi-hole, Vaultwarden, petits projets légers | Minecraft chargé, Jellyfin, plusieurs services en parallèle |
Verdict
Le Raspberry Pi reste imbattable pour un premier projet léger et silencieux, mais dès que l'ambition grandit, un mini-PC N100 offre plus de marge pour à peu près le même budget final. Pour un serveur Minecraft sérieux entre amis, misez sur un Pi 5 en 8 Go avec un SSD, ou basculez directement sur le mini-PC si vous comptez empiler plusieurs services derrière.
Et vous, vous auto-hébergez déjà quelque chose à la maison, ou c'est encore le cloud qui gère tout ? Racontez en commentaire ce qui tourne chez vous.