Fin de la 2G en 2026 : ce qui va cesser de fonctionner chez vous

Fin de la 2G en 2026 : ce qui va cesser de fonctionner chez vous
Photo : Αρκάς (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Votre téléphone est passé en 4G puis en 5G depuis longtemps, donc vous pensez ne plus être concerné par ces histoires de réseaux mobiles qui ferment. Sauf que dans un coin de votre appartement, il y a probablement un boîtier d'alarme, un pendentif de téléassistance chez vos parents, ou un traceur GPS qui, lui, discute encore tranquillement en 2G. Et cet automne, plusieurs de ces appareils vont se taire d'un coup, sans prévenir personne.

Orange a commencé à couper la 2G zone par zone depuis mars 2026, et le gros morceau arrive maintenant : le reste de la France métropolitaine bascule entre le 22 septembre et le 20 octobre. Autrement dit, c'est ce mois-ci que ça se joue pour une bonne partie du pays. SFR et Bouygues suivront en toute fin d'année.

Le problème, c'est que personne ne reçoit vraiment de courrier recommandé pour dire "attention, votre alarme va s'arrêter de fonctionner le 15 octobre". Les opérateurs communiquent, les fabricants d'équipements aussi, mais l'info se perd facilement quand l'appareil concerné a été installé par un tiers, il y a cinq ou dix ans, et que personne n'a touché à sa fiche technique depuis.

Le calendrier, opérateur par opérateur

Chaque opérateur avance à son rythme, ce qui complique un peu la lecture si vous avez plusieurs abonnements ou si votre équipement passe par un opérateur différent du vôtre (les box d'alarme utilisent souvent une carte SIM tierce, pas forcément la vôtre).

OpérateurFin de la 2GFin de la 3G
OrangeMars à décembre 2026 (par zones)Fin 2028
FreeCalendrier aligné sur OrangeNon communiqué
SFRNovembre à décembre 2026Fin 2028
Bouygues TelecomDécembre 2026Fin 2029

Pourquoi tant d'objets tournent encore sur un réseau qu'on croyait mort

La 2G a un gros avantage pour les fabricants : elle consomme très peu d'énergie et le module radio coûte trois fois rien. Pour un boîtier d'alarme censé tenir des années sur batterie de secours, ou un traceur GPS glissé dans un collier pour chat, c'était le choix logique il y a encore peu. Le résultat, c'est un parc d'appareils installés qui n'ont jamais été pensés pour être mis à jour à distance vers la 4G, et qui vont simplement s'éteindre le jour où l'antenne la plus proche coupe le signal.

Les appareils à vérifier chez vous cette semaine

Alarme et télésurveillance : c'est le cas le plus fréquent. Beaucoup de centrales d'alarme communiquent leurs alertes par SIM 2G en secours de la ligne internet, voire uniquement par 2G pour les installations les plus anciennes. Si la vôtre a plus de six ou sept ans, direction la notice ou un coup de fil à l'installateur.

Téléassistance pour un proche âgé : c'est clairement le cas le plus sensible de la liste. Un pendentif ou un bracelet d'appel d'urgence qui ne transmet plus l'alerte, personne ne le découvre en le testant tous les matins. Si un parent ou un grand-parent en porte un, c'est la priorité numéro un à vérifier, quitte à appeler directement le prestataire pour confirmer la compatibilité 4G.

Traceur GPS (vélo, voiture, valise, collier animal) : beaucoup de modèles d'entrée de gamme vendus encore récemment embarquent une puce 2G/3G pour des raisons de coût et d'autonomie. Un modèle acheté en 2023 ou 2024 n'est pas forcément à l'abri.

Interphone et portier connecté d'immeuble : certains modèles collectifs, notamment en copropriété, passent par une carte SIM pour le renvoi d'appel vers votre mobile. Le syndic est censé être informé par le prestataire, mais dans les faits ça remonte rarement jusqu'aux résidents avant que ça coince.

Système eCall dans une voiture : les véhicules équipés de l'appel d'urgence automatique européen (obligatoire depuis 2018) reposent parfois sur un module 2G pour les modèles les plus anciens de cette génération. À vérifier auprès du constructeur si votre voiture a entre huit et dix ans.

Comment vérifier concrètement, sans attendre la panne

Étape 1 : cherchez la mention du réseau utilisé. Notice, fiche produit en ligne, ou étiquette sous le boîtier : la mention "GSM", "2G" ou "GPRS" seule, sans "4G" ni "LTE-M", est le signal d'alerte.

Étape 2 : contactez le prestataire plutôt que de deviner. Pour une alarme, une téléassistance ou un interphone géré par un tiers, un simple appel permet de confirmer la compatibilité et, le cas échéant, de planifier un remplacement de module sans attendre la coupure sèche.

Étape 3 : testez maintenant, pas en octobre. Beaucoup d'installateurs proposent un test de la ligne d'alerte à distance. Autant le faire pendant qu'il reste encore une marge de manœuvre plutôt que le jour où l'antenne locale a déjà coupé.

Ce qu'on ne vous dit pas vraiment

Les opérateurs et certains fabricants surfent sur la coupure pour pousser des offres de remplacement avec, au passage, un nouvel abonnement plus cher que l'ancien. Ce n'est pas illégitime en soi, l'appareil doit effectivement être changé, mais ça vaut le coup de comparer avant de signer le premier devis venu, surtout pour une alarme où plusieurs marques proposent des modules 4G compatibles avec l'installation existante, sans tout remplacer.

Autre angle mort : la coupure se fait zone par zone, pas d'un coup à l'échelle nationale. Ça veut dire qu'un appareil peut continuer à fonctionner plusieurs mois après l'annonce officielle, ce qui donne un faux sentiment de sécurité, jusqu'au jour où l'antenne de votre secteur précis passe à la trappe.

Le verdict

Pas de quoi paniquer, mais clairement de quoi sortir les notices ce week-end. Si vous n'avez qu'une chose à vérifier dans les prochains jours, que ce soit la téléassistance d'un proche plutôt que votre propre alarme : c'est là que l'impact d'une coupure silencieuse est le plus lourd. Et vous, vous avez déjà été prévenus par un installateur ou vous découvrez le sujet en lisant cet article ? Dites-le en commentaire, ça aidera d'autres lecteurs à savoir s'ils doivent s'inquiéter.