La brosse à dents à caméra de Dyson : gadget ou vraie avancée ?
On a eu les brosses à dents connectées qui comptent le temps de brossage, celles qui vibrent quand on appuie trop fort, celles qui envoient un rapport hebdo à une appli qu'on ouvre trois fois avant de l'oublier. Dyson vient d'ajouter une ligne au catalogue des gadgets de salle de bain : une brosse à dents avec une caméra à l'intérieur de la tête, qui filme littéralement l'intérieur de votre bouche pendant que vous vous brossez les dents.
Ça s'appelle la CameraJet, ça a été présentée début septembre à Paris et à l'IFA de Berlin, et ça coûte 479 euros. Avant de sortir la carte bleue ou de hausser les épaules, mieux vaut comprendre ce que fait réellement l'appareil, et surtout ce qu'on ne raconte pas dans les vidéos de lancement bien léchées : le sujet n'est pas tant "est-ce que ça marche" que "qu'est-ce que ça implique une fois que c'est dans votre salle de bain, tous les matins, pendant des années".
Ce que Dyson a réellement lancé
La CameraJet embarque une caméra macro d'environ 100 000 pixels logée directement dans la tête de brosse. Elle filme en temps réel l'intérieur de la bouche et transmet l'image à l'application MyDyson sur votre téléphone, posé à proximité. Un algorithme maison analyse ce flux pour repérer les zones interdentaires mal nettoyées et générer un petit compte-rendu à la fin de chaque session.
L'autre nouveauté, c'est le mécanisme d'action : plutôt qu'un simple jet d'eau façon hydropulseur classique, l'appareil propulse un jet conique de bain de bouche ciblé sur les espaces entre les dents, en s'appuyant sur ce que la caméra vient de repérer. Sur le papier, c'est la promesse de traiter les zones que le brossage manuel laisse presque toujours de côté, sans avoir à jongler avec un fil dentaire séparé.
Comment ça se passe concrètement
Étape 1 : le calibrage. Au premier lancement, l'appli demande de filmer sa bouche sous plusieurs angles pour que l'algorithme apprenne la géométrie de votre dentition, une phase qui demande un vrai temps d'adaptation d'après les premiers retours.
Étape 2 : le brossage guidé. Le téléphone reste posé face à vous, l'image remonte en direct, et l'appli indique en léger différé les zones à repasser : le brossage matinal devient un moment nettement plus concentré qu'un geste automatique en pensant à autre chose.
Étape 3 : le rapport. À la fin, un résumé liste les zones négligées sur la durée, avec un suivi qui se veut progressif d'une semaine à l'autre. C'est là que l'appareil essaie de justifier son prix : pas juste un nettoyage, mais un suivi dans le temps.
Le prix affiché n'est que la moitié de l'histoire
479 euros pour l'appareil, deux têtes de brosse, la base de charge et un étui de voyage, c'est déjà loin du tarif d'une brosse électrique premium classique. Mais l'écosystème ne s'arrête pas là : la CameraJet fonctionne avec un dentifrice non moussant spécifique et un bain de bouche dédié, à recharger régulièrement dans un réservoir intégré à l'appareil.
| Brosse électrique premium classique | Dyson CameraJet | |
|---|---|---|
| Prix d'entrée | 150 à 250 € | 479 € |
| Consommables | Têtes de brosse génériques ou compatibles | Têtes, dentifrice et bain de bouche propriétaires |
| Nettoyage interdentaire | Fil dentaire ou hydropulseur séparé | Jet ciblé intégré |
| Suivi | Minuteur et capteur de pression | Vidéo en direct et rapport par session |
| Données personnelles | Statistiques de brossage | Images de l'intérieur de la bouche |
Ce qu'on ne vous dit pas vraiment
Le premier point qui mérite d'être su avant l'achat, c'est le verrouillage des consommables. Les têtes de brosse embarquent une puce RFID qui empêche d'utiliser autre chose que les pièces Dyson officielles. Vu l'historique de la marque sur les aspirateurs, il y a peu de chances de voir apparaître des alternatives compatibles moins chères à moyen terme. Le prix d'achat n'est donc qu'une entrée en matière, il faut budgétiser le réapprovisionnement régulier en dentifrice et bain de bouche propriétaires comme un coût récurrent, un peu à la manière d'un abonnement déguisé.
Le deuxième point, plus sensible, concerne les données. Une caméra qui filme l'intérieur de votre bouche et transmet ce flux à une application, c'est une catégorie de données personnelles nettement plus intime qu'un simple minuteur de brossage. Avant d'installer l'appli, ça vaut le coup de vérifier où sont stockées ces vidéos, combien de temps, et si elles servent à autre chose qu'à afficher un rapport sur votre écran.
Enfin, la phase d'apprentissage n'est pas anecdotique : plusieurs premiers retours évoquent un geste de brossage à réapprendre, avec un objet qui se manie différemment d'une brosse classique, pas le genre qu'on sort de la boîte et qu'on utilise sans y penser dès le lendemain matin.
Pour qui ça a du sens
Vous avez déjà eu des soucis interdentaires récurrents : caries entre les dents, gencives qui saignent malgré un brossage soigné. C'est le public le plus évident, celui pour qui un suivi visuel objectif peut réellement changer quelque chose.
Le budget consommables ne vous fait pas peur : si l'idée de racheter un dentifrice et un bain de bouche de marque tous les mois vous hérisse, mieux vaut passer votre chemin et garder une brosse électrique classique associée à un hydropulseur indépendant, largement moins cher sur la durée.
Vous êtes curieux du geste plus que pressé le matin : le brossage guidé prend plus de temps et d'attention qu'un geste automatique. Si les deux minutes du matin sont déjà comptées, l'appareil risque de devenir vite contraignant.
Le verdict
La CameraJet est un vrai objet technique, pas un simple coup marketing : la combinaison caméra plus jet ciblé répond à un problème réel, celui des zones interdentaires que le brossage manuel rate presque toujours. Mais à 479 euros plus un écosystème de consommables verrouillés, c'est un investissement qui se justifie surtout si vous avez un vrai historique de problèmes dentaires, pas juste l'envie d'un gadget de plus sur le plan de travail.
Et vous, la caméra dans la bouche, ça vous tente ou ça vous fait lever un sourcil ? Dites-le en commentaire.